sport enfant


    SPORT DE L'ENFANT





Quel sport? Pour quel enfant? A quel rythme? A quel âge? Quels en sont les risques? Comment les prévenir?

Autant de questions posées au Pédiatre, dont les réponses de la spécificité de l'enfant par rapport à l'adulte.

Quelques notions fondamentales dominent le sport chez l'enfant quel que soit son âge:

1. - l'enfant est un organisme en constante évolution vers son statut physique et psychique d'adulte: il dispose d'un libre arbitre flottant dépendant des autres;

2. - la motivation et le plaisir doivent être les conditions basiques de toute pratique sportive intensive;

3. - l'enfant est une mosaïque de cartilages de croissance. La pathologie de sur sollicitation sera préférentiellement une pathologie du cartilage de croissance, qu'il s'agisse de traumatismes aigus ou de microtraumatismes chroniques.

4. - le surentraînement se traduit par une contre performance ou une perturbation d'un ou plusieurs facteurs essentiels de son équilibre général, dont il faudra rechercher la relation avec la pratique sportive: physique (ralentissement de la vitesse de croissance staturale, perte pondérale ou douleurs en rapport avec une pathologie de l'appareil locomoteur), physiologique (défaut d'adaptation et de récupération cardio-respiratoire à l'effort) et psychologique (trouble relationnel, affectif, baisse du rendement scolaire, troubles du sommeil, asthénie).

5. - l'exécution du geste doit être limitée par la perception d'une souffrance. C'est UN organisme en constante évolution psychomotrice.

I. C'est un organisme en constante évolution psychomotrice.

L'apprentissage du geste devra respecter les différentes étapes de son développement psychomoteur et psychoaffectif : chaque mécanisme et ajustement psychomoteur complexe doit être développé après que les stades préalables plus simples aient été bien assimilés.

• Entre 2 et 5 ans:

- on parlera d'éducation corporelle et artistique abordée par le plaisir et le jeu, orientée vers un accompagnement psychomoteur permettant l'expression de l'activité psychomotrice de base de l'enfant qu'est le mouvement et une stimulation psychomotrice lui permettant l'acquisition d'un patrimoine moteur (locomotion, grimper, saut, lancer, porter, gestes fins, imitatifs et expressifs) disponible ultérieurement face à des situations complexes, par mise en mémoire de nombreux programmes d'actions, en respectant les différentes étapes du développement psychomoteur et psychoaffectif. L'enfant pourra s'inscrire dans un club de Baby Gym ou Baby judo, émanation des fédérations sportives concernées.

• A 6-7 ans:

- l'enfant entre en CP: âge de l'apprentissage de l'écriture et de la lecture qui sera d'autant plus aisé que l'enfant constituera rapidement son image corporelle, grâce, notamment, au mini sport, en mettant en place les bases de la condition physique: contrôle postural, coordination, équilibre, latéralité, orientation dans l'espace et le temps, trajectoire, anticipation, placement etc... Il expérimente le geste au travers de jeux à règles; il se met de lui-même en situation de compétition mais n'aime pas les échecs, qui entraînent découragement et désintérêt.

• Entre 8-12 ans:

- il contrôle et discipline son geste avec la capacité de maintenir un effort afin d'atteindre un objectif. Il passe à l'initiation sportive au perfectionnement et à la compétition qui fait partie intégrante de la pratique sportive, car elle lui conserve toutes ses valeurs éducatives, si elle est librement consentie, si elle ne devient pas une contrainte voire une torture. Elle valorise l'enfant, éveille en lui le culte de l'effort et de la persévérance, le désir de réussir à force de volonté, elle accélère le processus de prise de décision, elle lui permet de s'affirmer, d'extérioriser et de canaliser ses réactions d'agressivité, de domination et d'opposition mais avec une violence contrôlée par des règles strictes, en usant de "fair-play", elle lui apprend à contrôler les effets du stress, elle contribue, par l'intérêt qu'elle génère, à réduire l'oisiveté, elle peut, chez des élèves en difficultés scolaires, créer un centre d'intérêt original et opérer ainsi au sein de la classe, une hiérarchisation différente, facilitant ainsi sa socialisation et réduisant son découragement.

• A 13-14 ans:

-c' est l'âge des contradictions: le perfectionnement et les remises en question dans une période d’entraînements intensifs. Mais avec le remaniement global de l'adolescence (évolution morphologique, instabilité psychique, apparition de la sexualité) le geste est perturbé, moins précis et moins coordonné. Il admettent de moins en mois l'autorité des parents voire des entraîneurs. La compétition recule dans l'échelle des valeurs au même titre de son besoin de concurrence, alors qu'il garde un vif intérêt pour le sport non compétitif: son activité repose sur le contact avec un partenaire et sur le développement de son esprit d'équipe. Au cours de la deuxième phase de la puberté

• Entre 15-17 ans:

- au cours de la deuxième phase de la puberté les proportions physiques s'harmonisent, l'équilibre psychique se rétablit. L'adolescent reprend goût à l'entraînement et à la performance, qu'elle soit collective ou individuelle, lorsqu'il n'en a pas été définitivement dégoûté auparavant.

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II. C'est un organisme en constante évolution physique

Elle résulte d'un double processus:

• la macro croissance: croissance somatique qui correspond à un processus quantitatif d'apposition et de multiplication cellulaire, objectivée par l'évolution de la taille globale et des autres segments (périmètres, diamètres), de la vitesse de croissance, du poids (épaisseur des plis cutanés) et du volume (développement musculaire)

• la micro croissance: maturation qui correspond à un processus qualitatif de perfectionnement des structures et des fonctions: c'est la maturation osseuse, meilleur indicateur de la maturation de l'organisme.

• croissance et maturation sont très liés au développement des fonctions endocrines et notamment au développement sexuel.

La croissance doit être appréciée selon:

- la taille des parents, - l'âge réel de l'enfant (AR), - son âge statural (AS), c'est-à-dire de l'âge correspondant à sa taille, - la vitesse de croissance, - et son stade de maturation osseuse défini par l'âge osseux (AO).

On définit ainsi une relation entre AR, AS, AO. L'enfant de plus de 2 ans prend 6 cm par an avant la puberté et 12 cm par en en période pubertaire. La vitesse de croissance tend ensuite à s'annuler rapidement.

La taille adulte est atteint à 19 ans chez le garçon et à 15 ans chez la fille.

La croissance staturale prédomine aux membres inférieurs avant la puberté et au rachis au cours la puberté (le pic de croissance pubertaire est dû pratiquement au seul segment supérieur, c'est-à-dire à l'augmentation de hauteur des vertèbres).

L'âge osseux est un repère essentiel: - chez le garçon, la puberté se déclenche à un âge osseux de 13 ans, - chez la fille, elle se déclenche à 10 ans 1/2 - 11 ans d'âge osseux, les règles surviennent entre 12 ans 1/2 et 13 ans d'âge osseux. Le début de la puberté correspond à l'apparition du sésamoïde du pouce. C'est l'âge osseux qui conditionne le déclenchement de la puberté, le développement musculaire et la taille définitive (une prédiction de taille définitive peut être établie selon la méthode de Bailey; elle repose sur l'évaluation de l'âge osseux sur l'atlas de Greulich .Elle exprime le potentiel restant de croissance staturale en fonction de l'âge osseux et de la taille établis au même moment).

Ainsi, un enfant présentant un AS=AO>AR aura un développement musculaire supérieur et une taille définitive inférieure à celui qui aura un AS>AR=AO. C'est l'âge osseux qui détermine l'âge physiologique de l'enfant et c'est donc lui qui doit être pris en compte pour déterminer la classe d'âge de pratique sportive.

Une demande de surclasse ment ne devrait être acceptée qu'en fonction de l'âge osseux et non de l'âge statural ou l'âge réel.

Certains enfants présentent un retard simple de la croissance et de la puberté avec AO=AS < AR. Vers 12-13 ans d'âge réel chez la fille et 13-15 ans d'âge réel chez le garçon, ces même enfants auront une taille, une morphologie et un potentiel musculaire inférieurs à ceux de leurs camarades, qui ont une maturation pubertaire en rapport avec leur âge réel.

Ils devraient, en fait, être sous classés (dans leur catégorie d'âge osseux), mais la réglementation ne prévoit pas, à tord, de notion de sous classement

III. Par rapport à l'adulte, ses besoins énergétiques sont accrus.

Aux besoins liés au métabolisme de base et à l'activité physique s'ajoutent ceux en rapport avec la croissance et l'activité physique.

L'alimentation de l'enfant sportif est basée sur 4 repas : Le petit déjeuner doit apporter 25% de la ration calorique quotidienne, le déjeuner 30%, le goûter 15% et le dîner 30%.

Au plan qualitatif, les glucides représentent 50 à 55% de la ration calorique quotidienne (1/4 de crudité, 1/4 de cuidité, 1/4 de farineux, 1/4 de sucre) (jusqu'à 70% en cas d'effort prolongé), les lipides, 30 à 35% (1/2 d'origine animale, 1/2 d'origine végétale) et les protides, 12 à 15% (1/2 lactées, 1/2 non lactées).

Le repas doit apporter 4 portions de glucides pour 2 portions de protides et 1 portion de lipides. Le carburant de l'effort est représenté par les sucres lents (pain, pâtes, riz, céréales, légumes secs etc...) et l'apport en eau doit compensé les pertes mais aussi refroidir le "moteur qui travaille". Il ne faut pas attendre d'avoir soif pour boire. Une alimentation sans laitage est déficitaire en calcium. Un déficit en magnésium peut être simplement compensé par un apport en eau minérale.

. Les voies de mobilisation énergétiques sont différentes.

On distingue les sports où les efforts en résistance (courts, intenses et répétés) prédominent (voie anaérobique) et ceux où les efforts en endurance (prolongés et peu intenses) prédominent (voie aérobique).

L'adaptation aux efforts de résistance s'établit tardivement en fin de puberté: contrairement à l'adulte, la possibilité de dégrader du glucose et du glycogène par voie anaérobie lactique (efforts intenses de courte durée de 10 secondes à 2 minutes) est limitée.

Par contre la voie aérobique (efforts en endurance) est améliorable sous l'effet de l'entraînement. La base de tout entraînement physique de l'enfant est donc l'endurance. Le surentraînement est souvent un dysentraînement par excès de travail en résistance.








Docteur Michel Binder

Centre Medico-Chirurgical Paris V

36 Bd Saint Marcel 75005 Paris

Pédiatre

Médecine du Sport de l'Enfant et de l'Adolescent

Médecin Fédéral National Adjoint de la Fédération Française de Gymnastique

Expert près de la Commission Médicale de la Fédération Internationale de Gymnastique

Médecin Fédéral de la Fédération Française d'Etude et de Sport Sous-Marins 


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